Olsc

Libre, Systèmes et Cie…

User Tools


Qu'est-ce que le Web Ouvert ?

Version originale : http://tantek.com/2010/281/b1/what-is-the-open-web

Je viens d'arriver au campus O'Reilly de Sebastopol où a lieu une manifestation sur le web ouvert, intitulée « Open Web Foo Camp ». Quelques jours auparavant je discutai avec Jim Dwyer du New York Times au sujet du web social indé fédéré, de la culture du partage et de la mort du site (sujet d'un prochain billet), et il en est venu à me demander (probablement parce que je l'avais mentionné en passant), ce qu'est, ou ce que j'entends par « le web ouvert ».

À ce moment-là je n'avais pas de définition convenable, mais apparemment j'ai quand même fourni une réponse suffisamment bonne pour que le journaliste auto-décrit non-technicien puisse « saisir » ce qu'est le web ouvert. Voici en gros ce que j'ai dit à Jim, sorti droit de ma tête :

Pour moi le Web Ouvert concerne la capacité de faire ouvertement trois choses :

  1. publier des contenus et des applications sur le web dans des standards ouverts
  2. coder et implémenter les standards du web dont les contenus/applications dépendent
  3. accéder et utiliser les contenus/codes/applications web/implémentations

Chacun de ces points mérite d'être approfondi.

Publier des contenus et des applications

Le web a amené avec lui la plus grande avancée révolutionnaire dans l'accès à la publication depuis la presse à imprimer. Il est assez bon marché d'acheter un nom de domaine (quelques euros par an), pas beaucoup plus onéreux d'acheter un service d'hébergement web (quelques euros par mois), facile d'ouvrir un éditeur intégré ou de texte sur n'importe quel ordinateur pour écrire du HTML et du CSS, et utiliser un client FTP intégré ou gratuit (ou tout autre outil de transfert de fichier, comme scp) pour publier votre contenu sur le web, derrière un lien permanent accessible instantanément par des millions de personnes à travers le monde.

Oui, avec quelques euros par mois et quelques heures, vous pouvez publier et atteindre des centaines de millions de personnes. C'est ce que je qualifie de révolutionnaire.

Cette capacité à publier ouvertement dépend d'un certain nombre de choses :

  • des formats ouverts pour publier gratuitement ce que vous écrivez, photographiez, filmez et dit autrement créez, ou codez (HTML, CSS, Javascript, JPEG, PNG, Ogg, WebM, …)
  • des registraires de noms de domaine et des services d'hébergement qui, comme les compagnies de téléphone, ne jugent pas de votre contenu
  • des accès internet bon marché qui n'effectuent pas de discrimination fondée sur les noms de domaine

Quelques exemples de web-non-ouvert :

Tous ces cas sont des exemples de menaces sur le web ouvert. POur plus d'informations expliquant à quel point H.264 n'est pas ouvert, et que Flash ne l'est pas non plus, nonobstant toute la réthorique mise en œuvre par Apple et Adobe respectivement, je vous recommande vivement la lecture du billet du blog de Ben Ward : Comprendre le web.

Coder et implémenter les standards du web

Le web ouvert est entièrement dépendant de la capacité des navigateurs, moteurs de recherche et autres applications et services de coder et implémenter les standards du web (formats, protocoles) que les auteurs utilisent pour publier leurs créations. Les navigateurs, moteurs de recherche et autres « agents utilisateur » à leur tour dépendent des standards du web qui sont :

  • documenté ouvertement, de nos jours, sur le web lui-même
  • librement accessible. Il ne devrait y avoir aucun coût à acquitter pour voir les spécifications d'un standard de web.
  • non empêché par des brevets, soit libre ou disponible sous des licences libres de redevance sans condition.

La plupart des standards du W3C et de l'IETF par exemple, remplissent ces critères. Comme le font des initiatives ouvertes du domaine public tels microformats.org et d'autres standards modernes de « web social » (trop nombreux pour être listés ici, j'ajouterai peut-être quelques liens ultérieurement :)

Quelques exemple de web-non-ouvert :

  • Nombre de standard ISO. E.g. ISO-8601, le standard que les standards ont intégré pour la représentation des dates et des heures sur le web. Il faut payer pour télécharger ISO-8601 et d'autres standards ISO. Pas ouvert.
  • Flash. N'importe qui ne peut pas implémenter librement le support du format Flash en constante évolution. C'est du code propriété d'Adobe, avec qui sait combien de brevets qui lui sont appliqué (non je n'ai pas vérifié).

Heureusement, alors que le processus selon lequel se développent les standards du web évolue, nous devenons meilleurs chaque jour pour fournir des standards à la fois très ouvertement accessibles et implémentables, et nous sommes également devenus plus sensibles aux tentatives de contrecarrer l'ouverture des standards du web.

Accéder au contenu et aux applications sur le web

Le web, et l'internet dans son ensemble, dépend de l'indépendance du contenu et de l'adressage (i.e. les noms de domaine) et des équipements. Vous devez être capable de servir et accéder à n'importe quel contenu sur n'importe quel nom de domaine depuis n'importe quel équipement. Vraissamblablement tous les équipements ne seront pas capables de supporter tous les formats, mais cela ne doit rien avoir à faire avec le contenu lui-même.

L'accès libre dépend de la capacité ouverte de naviguer et utiliser n'importe quelle page web oou application (i.e. URL) sur votre :

  • équipement de navigation internet
  • service internet

Et cela sans censure par nom de domaine, URL, type de contenu ou nature du contenu.

Quelques exemples de web-non-ouvert :

Beaucoup de ces exigences d'« accès ouvert » pour un web ouvert sont également connue comme la « neutralité du réseau », et représentée par le sénateur Al Franken lui-même comme « le principal danger pour la liberté d'expression de notre époque ».

Et c'est ma définition brute et fonctionnelle de ce qu'est le web ouvert. En bref :

  • Publication de contenus et d'applications ouvert
  • Capacité ouverte de coder et d'implémenter les standards sont un tel contenu dépend
  • Accès ouvert aux contenus, applications web, implémentations des standards du web (navigateurs) et à l'internet.

Je pense que c'est un bon point de départ pour une discussion sur ce qu'est le web ouvert, et j'espère des retours et des savoirs de mes collègues, tant en ligne qu'en personne ce week-end.